Je vis à Prague depuis près de 10 ans, je suis guide dans cette ville que j’aime de tout mon cœur… et pourtant, quand je suis arrivée pour la première fois à Prague, j’étais perdue, pour ne pas dire larguée ! Et surtout, j’étais très mal équipée pour comprendre vraiment ce que je voyais et évoluer dans cette ville inconnue. Alors voilà ce que j’aurais aimé qu’on me dise avant d’atterrir. Un guide écrit non pas par une blogueuse voyage qui a passé un week-end ici, mais par quelqu’un qui y vit, qui y travaille, y élève ses enfants, et y emmène des visiteurs toute l’année.
Première fois à Prague : quand venir, et combien de temps ?

Prague est belle en toutes saisons, mais pas de la même façon !
Le printemps (avril-mai) est probablement le meilleur moment : les cerisiers de Petřín sont en fleurs, les terrasses rouvrent, la lumière est extraordinaire, et les foules de l’été ne sont pas encore là. L’été (juin-août) est chaud, vivant, magnifique, mais très fréquenté. Le début de l’automne est ma saison préférée : Prague dans la brume, les parcs qui rougissent, les cafés qui se remplissent. L’hiver est doux, intime, avec les marchés de Noël en décembre, mais attention : Noël attire des foules considérables. Une période moins sympa : le mois de novembre, lorsqu’il fait froid et gris, mais avant l’ouverture des marchés de Noël qui apporte de la lumière et de la magie à la ville.
Combien de jours ? Certains disent que trois jours sont suffisants : ils sont certainement passés à côté de beaucoup de choses ! À mon sens, quatre jours est le minimum pour voir l’essentiel sans courir. Cinq jours vous permettront de sortir du centre historique et de découvrir les quartiers où Prague vit vraiment. Une semaine, et vous commencerez à comprendre pourquoi certains ne repartent pas… et vous pourriez bien faire partie du lot !
Arriver à Prague : depuis l’aéroport
L’aéroport Václav Havel (PRG) se trouve à environ 17 kilomètres du centre…mais fait tout de même partie de Prague ! Cela surprend souvent les visiteurs, mais la ville est extrêmement étendue. Plusieurs options existent pour rejoindre le centre-ville :
Le trolleybus + métro : la solution la moins chère et très efficace. Le trolleybus 59 relie l’aéroport à la station de métro Nádraží Veleslavin (ligne A, verte) en une vingtaine de minutes. De là, dix minutes de métro suffisent pour atteindre le centre. Le ticket est inclus dans le réseau habituel des transports, pas de surcoût, sauf si vous avez de gros bagages, pour lequel il vous faudra prendre un ticket spécial.
Les applications de VTC : Uber a signé un contrat avec l’aéroport, et fait donc office de service de taxi officiel. Vous pouvez réserver votre course à l’avance depuis l’appli Uber, ou encore aux bornes situées dans le hall de l’aéroport.
Se déplacer dans Prague
Prague est une ville qui se visite à pied. Le centre historique est compact, et presque tout ce qui vaut le détour se rejoint en marchant. Cela dit, le réseau de transports en commun est l’un des meilleurs d’Europe : propre, ponctuel, très abordable, et il couvre toute la ville !

Pensez toujours à valider votre titre de transport à bord ! De nombreux touristes se plaignent d’avoir été verbalisés, alors que leur ticket n’était pas en règle : pas de portiques ici, juste des bornes pour oblitérer votre ticket à l’entrée des zones indiquées comme réservées aux personnes munies d’un titre de transport valide. Soyez attentif pour ne pas passer à côté, et risquer de payer une amende !
Le tram : c’est mon moyen de transport préféré pour découvrir la ville. Certaines lignes traversent des quartiers magnifiques, la ligne 22 en particulier est un véritable tour de Prague, bien moins cher et bien plus efficace que les bus hop-on-hop-off. Les trams circulent de 4h30 à minuit, puis des lignes nocturnes prennent le relais jusqu’au petit matin.
Le métro : trois lignes (A verte, B jaune, C rouge), rapide et efficace pour les longues distances. Moins pittoresque que le tram, mais imbattable pour aller vite. Il cesse de circuler à minuit, pour reprendre du service aux alentours de 5h du matin.
Le bus : là où ni le tram ni le métro ne vont, vous trouverez certainement un bus pour vous amener à destination !
Argent et monnaie

La République tchèque n’est pas dans la zone euro. La monnaie est la couronne tchèque (CZK ou Kč). Un euro vaut environ 25 couronnes (à vérifier avant votre départ, le taux fluctue).
Retirer de l’argent : les distributeurs bancaires sont partout. Privilégiez ceux des grandes banques (Česká Spořitelná, Komerční banka, ČSOB…) et évitez absolument les distributeurs Euronet, reconnaissables à leur interface en anglais très visible : leurs taux de change et leurs frais sont proprement scandaleux. C’est d’ailleurs une arnaque largement documentée.
Les bureaux de change : certains pratiquent des taux très défavorables. Ne changez jamais à l’aéroport ni sur les artères touristiques principales. Les banques ou les bureaux de change avec affichage clair du taux sans commission sont votre meilleure option.
Payer par carte : très répandu dans les restaurants, hôtels, musées et la plupart des commerces. Quelques petits cafés ou pivnice de quartier fonctionnent encore en espèces, prévoyez toujours un peu de cash. Cela vous permettra également, si besoin, de payer les toilettes publiques !
Le pourboire : il est d’usage mais jamais obligatoire. 10 % pour un service satisfaisant est une bonne référence. Si vous payez en espèces, il est courant d’arrondir la note à la hausse plutôt que de laisser de la monnaie. Si le service est mauvais, vous n’avez aucune obligation.
La langue
Le tchèque est une langue slave aux sonorités parfois déconcertantes pour un francophone ! Et je ne parle même pas de la grammaire (oui, je suis traumatisée…!). La bonne nouvelle : dans le centre de Prague, vous serez très largement compris en anglais.
Cela dit, quelques mots en tchèque feront une vraie différence dans votre relation aux locaux. Faire l’effort de dire bonjour et merci en tchèque, c’est la chose la plus simple que vous puissiez faire pour que les Praguois vous regardent différemment. Croyez-moi, ça change tout !
La sécurité
Prague est l’une des capitales les plus sûres d’Europe. Le risque de violence est extrêmement faible, et vous pouvez vous promener la nuit dans la quasi-totalité des quartiers sans inquiétude. Je n’ai jamais eu de souci de sécurité depuis que je vis ici.
Le seul vrai risque, comme dans toutes les grandes villes touristiques, c’est le pickpocket. Particulièrement dans les transports publics, sur le pont Charles et autour de l’horloge astronomique. Soyez prudent avec vos affaires, et vous n’aurez aucun problème !
Et comme dans toutes les villes, les alentours de la gare sont un peu moins bien fréquentés qu’ailleurs ; mais cela reste de l’insécurité version praguoise, c’est-à-dire plutôt safe, tout de même ! 🙂
Les pièges à touristes
Prague est une destination très fréquentée, et quelques pratiques sont spécifiquement conçues pour alléger le portefeuille des visiteurs. Voici ce qu’il faut savoir.

Le trdelník : cette pâtisserie en spirale présentée partout comme une spécialité tchèque traditionnelle n’a rien de tchèque. Elle vient de Slovaquie et n’est apparue à Prague que dans les années 2000 avec le boom touristique. Elle est vendue à des prix indécents. Si vous voulez goûter quelque chose de vraiment tchèque, cherchez plutôt un větrník (chou à la crème) ou un koláč (brioche fourrée) dans une boulangerie locale.
Le jambon de Prague : les stands de jambon fumé dans le centre historique pratiquent le prix à la centaine de grammes. Votre portion peut facilement atteindre plusieurs centaines de grammes, et la note s’envole. Lisez le prix affiché avant de commander, ou mieux, dégustez votre tranche de jarret de porc dans un resto local !
Les restaurants de la place de la Vieille Ville : évitez les tables en terrasse directement sur la place. Prix surfaits, qualité médiocre, service bâclé… Vous seriez déçu ! Éloignez-vous de deux rues, et vous trouverez infiniment mieux pour moins cher. Une exception : le restaurant Mincovna, excellente adresse sur la place.
Les bureaux de change : j’en ai déjà dit un mot plus haut, mais méfiez-vous, beaucoup sont à la limite de l’honnêteté ! Vérifiez bien les taux en vigueur, lisez toutes les petites lignes, et consultez cette carte des bureaux de change honnêtes pour changer votre argent en toute sécurité. Notez que, légalement, vous avez 3h pour venir rendre l’argent au bureau de change si vous êtes finalement mécontents du taux pratiqué. Assurez-vous donc d’obtenir un reçu lorsque vous repartez avec vos couronnes tchèques !
Les escrocs dans la rue : ne changez JAMAIS d’argent dans la rue, même pour « rendre service » à quelqu’un qui voudrait faire de la monnaie sur ses gros billets. Vous risqueriez de vous retrouver munis de roubles biélorusses expirées… C’est encore arrivé récemment à un couple de clients, qui ne s’en sont rendu compte que quelques heures plus tard en voulant régler la location de leurs vélos !
Les distributeurs Euronet : déjà mentionnés, mais ça vaut la peine de le répéter : JAMAIS !
Les taxis de rue : si vraiment vous avez besoin d’un taxi, utilisez Bolt, ou la chaîne de taxis AAA. Sinon, je radote, mais prenez le tram ! 🙂
Comment interagir avec les Tchèques
Si les Tchèques peuvent avoir l’air froids au premier abord, ils sont en réalité merveilleux ! Il faut simplement comprendre quelques aspects de leur histoire.
Premièrement : les Tchèques sont des Slaves ! Donc on est bien loin ici de l’attitude chaleureuse méditerranéenne. Il y a une certaine pudeur dans la relation, surtout lorsqu’elle n’en est qu’aux balbutiements !
Deuxièmement : le communisme a laissé une empreinte profonde dans les attitudes. Pendant quarante ans, il fallait se méfier de tout le monde. Dire bonjour à son voisin pouvait vous conduire à un interrogatoire de la police politique. Ce passé pèse encore sur les premiers rapports. Ne prenez pas ça pour de l’hostilité : c’est simplement un stigmate de cette période qui, même si certains s’en défendent, laisse encore des traces. Et c’est bien normal : se remettre de quatre décennies de dictature, à l’échelle d’un peuple entier, cela prend du temps !
Troisièmement : Prague est extrêmement touristique, et cela a un impact réel sur la vie des locaux : difficultés à se loger, prix qui montent, quartiers qui perdent leur âme. Un certain ras-le-bol est compréhensible.
Et maintenant la bonne nouvelle : si vous faites l’effort d’aller vers les Praguois, de dire bonjour en tchèque, de sourire, de ne pas vous comporter comme si la ville vous appartenait, vous découvrirez un peuple d’une profondeur rare, avec un humour savoureux, quoi qu’un poil cynique parfois, et une hospitalité sincère. Les Tchèques sont des gens formidables !
Les incontournables (version locale)
Je ne vais pas vous lister les vingt sites à cocher en deux jours : c’est déjà sur tous les blogs voyage ! Je vais vous dire ce que moi, après des années, je continue de trouver exceptionnel.

Le château de Prague : incontournable, certes, mais allez-y tôt le matin et prenez le temps de la cathédrale Saint-Guy. C’est l’un des espaces gothiques les plus beaux d’Europe. Elle regorge de messages cachés, c’est une merveille. Mon petit conseil perso : prenez le temps d’admirer les vitraux, et pas uniquement celui d’Alfons Mucha !
Le pont Charles : évidemment ! Je lui ai dédié un article complet, à retrouver ici.
Vyšehrad : l’ancienne citadelle médiévale au sud de la ville, surplombant la Vltava, et selon la légende, le berceau de Prague. Moins fréquentée que le château, mais au moins aussi belle, avec le plus beau cimetière de Prague. Un coup de cœur absolu pour moi, surtout à l’automne !
Malá Strana : mais pas uniquement le mur John Lennon et la place Malostranské náměstí ! Prends le temps de te balader à Kampa, d’explorer les ruelles désertes qui entourent la rue Janský Vršek, de te perdre dans les jardins baroques, et de pousser la porte des églises. C’est un quartier qui apparaît dans tous les guides, mais que bien peu de gens prennent vraiment le temps de découvrir : c’est pourtant une pépite !
Les quartiers hors du centre : Vinohrady pour ses façades Art nouveau, Žižkov pour ses bars et son ambiance, Holešovice pour ses galeries et ses halles industrielles…Et bien sûr Vršovice, mon quartier de cœur !
Une pinte dans une pivnice de quartier : loin des brasseries touristiques, dans un endroit où personne ne parle anglais et où la Pilsner est parfaite. C’est peut-être l’expérience la plus tchèque qui soit !
Les erreurs à ne pas faire
Rester uniquement dans Prague 1. Le premier arrondissement (Staré Město, Malá Strana, Hradčany) est magnifique, et un vrai témoignage de la richessez historique et patrimoniale de Prague. Mais c’est aussi la partie la plus touristique et la moins représentative de la vie praguoise d’aujourd’hui ! Sautez dans un tram et allez voir plus loin !
Vouloir tout voir en un week-end. « Bon chance », comme dirait le méchant dans Taken. Rien ne sert de courir : de toute façon, vous ne verrez pas tout en un week-end. Donc profitez de la ville et de son rythme doux : vous reviendrez pour la suite…et vous resterez plus longtemps ! 😉
Ne manger qu’en centre-ville. Les restaurants à deux pas des attractions touristiques pratiquent des prix élevés pour une qualité souvent médiocre. Deux rues plus loin, c’est meilleur et moins cher !
Ignorer les transports en commun. Je sais que je radote. Mais j’insiste : le tram est non seulement pratique, c’est aussi l’un des meilleurs moyens de voir la ville. Utilisez-le pour vivre l’authentique expérience praguoise !
Oublier d’apprendre deux mots de tchèque. « Děkuji » et « dobrý den » : c’est vraiment peu d’effort pour beaucoup de retour !
Changer de l’argent à l’aéroport ou chez Euronet. On ne le dira jamais assez !
Et si vous voulez découvrir Prague avec quelqu’un qui la connaît vraiment, qui saura vous emmener au cœur de son histoire et de sa culture, et vous faire voir la ville autrement, je serai ravie de vous accompagner !