Que manger à Prague ? Avec quoi accompagner la bière ? Parce que boire un coup, c’est sympa, mais manger, c’est nécessaire ! Et même si elle n’a pas la réputation gastronomique de ses cousines française ou italienne, la cuisine tchèque mérite largement qu’on s’y attarde. Elle a quelque chose que les autres n’ont pas : une authenticité réconfortante, des saveurs généreuses, et cette capacité à vous réchauffer l’âme après une journée de balade dans les rues pavées. Voici mon guide des 10 spécialités incontournables à tester absolument lors de votre séjour pragois !
La svíčková : le plat national par excellence
Si vous ne deviez goûter qu’un seul plat tchèque, ce serait celui-là ! La svíčková, c’est du bœuf lardé et mijoté jusqu’à devenir fondant, nappé d’une sauce crémeuse à base de légumes-racines, de crème fraîche et d’une pointe de citron. Le tout servi avec des knedlíky, une rondelle de citron, une cuillère de confiture d’airelles et, détail crucial, une bonne dose de crème fouettée.

Alors oui, au début, ça surprend. Et puis on goûte, et on comprend. Le sucré-salé fonctionne à merveille, la sauce onctueuse se marie parfaitement avec l’acidité des airelles… Bref, c’est réconfortant, généreux, et délicieusement tchèque. Clairement mon plat tchèque préféré, que je recommande systématiquement lorsque l’on me demande que manger à Prague ! Et tellement emblématique que la marque Bohéma, qui met à l’honneur le patrimoine local, l’a fait figurer sur un t-shirt…que je porte avec fierté sur la photo ! 😉
Le vepřo knedlo zelo : le trio gagnant

Vepřo knedlo zelo, c’est le diminutif pragois pour désigner le plat national : vepřová pečeně (rôti de porc), knedlíky (boulettes de pain) et zelí (chou braisé). Un trio aussi indissociable que le pain-beurre-confiture du petit-déjeuner français.
Le porc est rôti lentement, parfois avec une croûte croustillante, et servi en tranches généreuses. Le chou est mijoté avec du saindoux, des oignons, parfois un peu de vinaigre ou de cumin. C’est le genre de plat qu’on commande après une longue marche dans Prague en plein hiver, quand on a besoin de quelque chose de solide pour se remettre d’aplomb.
Que manger à Prague ? Les knedlíky : ces drôles de pains-boulettes-quenelles
Impossible de parler de cuisine tchèque sans évoquer les knedlíky. Ce sont des sortes de grosses quenelles, tranchées en rondelles épaisses, qui accompagnent presque tous les plats en sauce. Leur texture est moelleuse, légèrement élastique, et leur rôle est clair : éponger la sauce jusqu’à la dernière goutte.
Les Tchèques adorent leurs knedlíky. Pour les touristes, c’est plus mitigé. Le Français se demandera pourquoi le cuisinier a mis le pain directement dans la sauce ! Mon conseil ? Ne les jugez pas à la première bouchée. Ils ne sont pas faits pour être mangés seuls, mais trempés généreusement dans la sauce. Et là, tout prend sens.
Le goulash : l’héritage austro-hongrois

S’il n’est pas uniquement tchèque, puisqu’on le retrouve dans une large partie de l’ancien empire austro-hongrois, le goulash s’est fait une place de choix sur les menus des tavernes tchèques. Concrètement, c’est du bœuf mijoté pendant des heures avec des oignons, du paprika, de l’ail et parfois une touche de cumin. La viande devient tendre à souhait, la sauce prend des teintes rouge-brun et développe une profondeur de goût incroyable. On le sert généralement avec des knedlíky, mais parfois aussi avec des pommes de terre.
Certains restaurants proposent aussi du vepřový guláš (au porc), du jelení guláš (au chevreuil) ou même du houbový guláš (aux champignons, pour les végétariens). Chaque version a ses adeptes, mais le classique au bœuf reste le plus populaire.
Le fromage frit : la junk food tchèque
Un grand carré de fromage type edam, pané à la tchèque puis frit jusqu’à obtenir une croûte dorée et croustillante : découvrez le fromage frit, plat tchèque préféré de mes enfants (et de pas mal d’autres personnes) !
On le sert avec des frites ou des pommes de terre bouillies, une sauce tartare maison et pourquoi pas une salade de chou râpé. C’est gras, c’est dégoulinant, c’est régressif, c’est totalement addictif. Les Tchèques en raffolent, et vous comprendrez vite pourquoi. Commandez-le dans un restaurant traditionnel plutôt que dans une chaîne de fast-food : la qualité du fromage et de la panure change tout.
Le canard rôti : la star des dimanches
Le pečená kachna (canard rôti) occupe une place particulière dans le cœur des Tchèques. C’est LE plat des grandes occasions, celui qu’on prépare pour les repas de famille du dimanche, pour les fêtes.
Le canard est rôti pendant des heures jusqu’à ce que la peau devienne croustillante et dorée, tandis que la chair reste fondante et juteuse. On le sert traditionnellement avec du chou rouge braisé (aux pommes et au vinaigre) et des knedlíky aux pommes de terre. La combinaison peut sembler étrange sur le papier, mais en bouche, c’est magique.
Le vepřové koleno : le jarret qui impressionne
Si vous voulez rentabiliser votre pause déjeuner en vous remplissant la panse pour trois jours, commandez un vepřové koleno (jarret de porc). Ce monstre culinaire arrive à table dans toute sa splendeur : un énorme jarret rôti, doré, croustillant à l’extérieur et fondant à l’intérieur, souvent servi avec du pain, de la moutarde et des cornichons.
C’est le plat parfait pour partager à plusieurs. La viande se détache facilement de l’os, la couenne est délicieusement croquante. Un conseil : prévoyez une bonne sieste après !
Attention : méfiez-vous des vendeurs de jarret de porc qui ont leur stand sur la place de la Vieille-Ville ! Ils pratiquent des tarifs scandaleux. Commandez plutôt votre portion dans une authentique taverne de la ville.
La soupe : le passage obligé
Chez les Tchèques, un repas sans soupe, c’est comme Nabilla sans son shampoing : ça n’existe tout simplement pas. La polévka (soupe) est un élément fondamental de la gastronomie locale.

Les variétés sont infinies. La česnečka (soupe à l’ail) est parfaite pour combattre un début de rhume (ou une gueule de bois). La bramboračka (soupe de pommes de terre) réchauffe les cœurs en hiver. La kulajda (soupe crémeuse aux champignons, pommes de terre et œuf poché) surprend par sa douceur. Et la hovězí vývar (bouillon de bœuf) avec ses knedlíčky (petites boulettes) est le remède universel à tous les maux.
Dans les restaurants traditionnels, la soupe est souvent comprise dans le menu du jour ou proposée en entrée à prix très doux. Ne la snobez pas : elle fait partie intégrante de l’expérience culinaire tchèque.
Les utopenci : les saucisses qui se sont noyées

Le nom ne fait pas rêver, je vous l’accorde. Utopenci signifie littéralement « les noyés ». Mais rassurez-vous, il s’agit simplement de saucisses marinées dans du vinaigre avec des oignons, des poivrons et des épices. Le tout macère pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
Ça donne des saucisses acidulées, relevées, parfaites pour accompagner une bière fraîche en terrasse. C’est un classique des hospody (les bistrots tchèques traditionnels), souvent servi en apéritif ou en en-cas. On les mange avec du pain noir et de la moutarde.
Le koláček : la douceur qui finit bien

On termine ce voyage culinaire en beauté avec les koláčky, ces petites brioches rondes garnies de fruits, de pavot, de fromage blanc sucré ou de confiture. Ce sont des pâtisseries traditionnelles qu’on retrouve dans toutes les bonnes pâtisseries de Prague.
Les koláčky sont moelleux, légèrement sucrés, et parfaits pour le petit-déjeuner ou le goûter. Les plus populaires ? Ceux au pavot et ceux au fromage blanc. Ils se marient à merveille avec un café tchèque bien serré. Et si vous passez devant une pekárna (boulangerie) tôt le matin, ne résistez pas : achetez-en un encore tiède, vous ne le regretterez pas.
Et les trdelník, alors ?
Vous avez forcément vu ces fameuses pâtisseries roulées à tous les coins de rue du centre touristique. Mais sont-elles vraiment tchèques ? Valent-elles le coup ? J’ai consacré un article entier à cette question : Le trdelník : arnaque touristique ou spécialité à découvrir ?
Spoiler : la réponse n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire !
Mes conseils pour bien manger à Prague

Fuyez les restaurants avec des menus en 12 langues et des photos plastifiées. Si vous voyez un serveur en costume folklorique qui vous fait signe depuis la rue, passez votre chemin.
Cherchez les hospody et les pivnice. Ce sont les bistrots et tavernes fréquentés par les locaux. L’ambiance y est souvent un peu brute, le service pas toujours souriant, mais la nourriture est authentique et les prix restent raisonnables. Un article arrive bientôt avec mes meilleures adresses !
Sortez du centre. À Vinohrady, Žižkov, Karlín ou Holešovice, vous trouverez d’excellents restaurants traditionnels où les Pragois vont vraiment manger.
Observez les portions. La cuisine tchèque, c’est généreux. Très généreux. On comprend mieux pourquoi les Tchèques se passent généralement de dessert : on ne peut plus rien avaler après une bonne assiette de goulash !
Accompagnez toujours vos plats d’une bière locale ! La Pilsner Urquell, la Kozel, la Budvar… Prague est la capitale mondiale de la bière, alors autant en profiter… avec modération bien entendu !
Et surtout, gardez l’esprit ouvert. La cuisine tchèque ne cherche pas à impressionner, elle cherche à nourrir. Elle est simple, sincère, parfois rustique, mais toujours réconfortante.
Dobrou chuť (bon appétit)!
Merci pour ces très bons conseils , nous sommes allés à Prague au mois de Mars dernier et avons passe un très bon séjour, patrimoine et gastronomique.
Mon article arrive un peu tard pour vous, du coup ! Mais ravie que vous ayez passé un bon séjour à Prague et que cous ayez trouvé tout ce vous aviez besoin pour bous régaler !